L'automobile aux Chaprais

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Introduction

Les Chaprais sont un quartier de Besançon qui a accueilli plusieurs firmes automobiles de la fin du XIX° siècle à la grande dépression des années 30. Rappelons que l'avenue Fontaine Argent, l'avenue Carnot et la rue de l'Eglise font partie des Chaprais.

Les prémisses de l'automobile aux Chaprais  au XIX° siècle

"Les carrosses sont de l'invention des Français, et par conséquent toutes les voitures qu'on a imaginées depuis à l'imitation des  carrosses."  Encyclopédie de Diderot, 1752.
Deux corporations concourent à la fabrication de carrosses : les carrossiers et les charrons. Aux Chaprais, au XIX° siècle et au début du XX°, nous trouvons trace de carrossiers (Houttmann en 1885 à la Mouillère et Jaillet en 1913 rue des Chaprais ) et de charrons (Pessar-Lecomte en 1879, Triponney, Crétin Joseph en 1889 et Berdelle en 1890, les quatre aux Chaprais), Bardin C. et Boigre E. en 1895, 17 avenue Carnot.

Dans les premières années du XX° siècle, les premiers poursuivront leurs activités, le moteur thermique remplaçant le cheval, les seconds céderont la place aux constructeurs de châssis.

Prérequis industriel

Les machines outils arrivent en France vers 1825, la sidérurgie et la métallurgie sont les principales branches motrice à partir de 1850 – 1860.

Les créations d’entreprises sont nombreuses au XIX° siècle :
  • Biens de consommation
  • Spécialisation dans les articles de qualité

Les créateurs sont des :
  • savants,
  • polytechniciens (André Citroën),
  • centraliens (Panhard et Levassor, A et R Peugeot),
  • autodidactes à forte culture technique, Rochet (artisan), Berliet (passionné),
Des progrès sont réalisés en chimie (lubrifiants), métallurgie (acier Martin), textile, fonderie,  ….  
Conséquences :

  • Élévation du niveau technique,
  • Augmentation de la productivité,
  • Capitaux disponible

Caractéristiques des véhicules vers 1900

Moteur 3 300 cm3  :

  • 9 CV,
  • 10 l d’essence / 100 km,
    • soit 238 g de CO2 / km, presque autant qu'un Porsche Cayenne !
  • 1,5 l d’huile / 100 km à 50 km/h en palier,

Moteur 6 000 cm3:

  • 18 CV,
  • 14 l d’essence / 100 km,
    • soit 333 g de CO2 / km,
  • 2 l d’huile / 100 km à 50 km/h en palier,

Caractéristiques communes des moteurs :

  • Les rendements sont de l’ordre de 15%, ils sont maximaux vers les      1 000 – 1 500 tours,
  • Les ralentis sont très bas, dépendant du carburateur, < 200 t/mn.

Véhicules :

  • Les Cx sont de l’ordre de 0,8 pour les voitures carrossées.

L'automobile en France vers 1890

A cette date, l’automobile est considérée avec scepticisme, parfois hostilité. Le fardier à vapeur de Cugnot (1779) est oublié, les expériences de Delamare-Debouteville en 1884 ne reçoivent pas d’écho favorable. Une centaine de voitures dotées de moteurs à vapeur roulent en France et portent le nom d’Amédée Bollée, de Dion-Bouton & Trépardoux, Serpollet. En 1890/1891, Peugeot ainsi que Panhard & Levassor font connaître les moteurs à pétrole Daimler et Emile Roger le moteur Benz. 

En cette fin de siècle, l’automobile, reste une affaire d’amateurs de mécanique ou plutôt de mécaniciens déguisés en bourgeois. Mais elle va devenir une affaire de champions

Les entreprises chapraisiennes après 1900

  • Th. SCHNEIDER & Cie, 28 Avenue de Fontaine-Argent, 
  • JAILLET Emile, 16 Rue des Chaprais, carrossier, 
  • L.THIEULIN & Cie, 6 Avenue Carnot, Grand auto-garage des Chaprais, 
  • E. THIEULIN 24 avenue Fontaine - Argent, Constructeur, Garage, Agent différentes marques, 
  • Fernand MONJARDET, 26 rue Bersot, carrossier, 
  • Louis RAVEL motoriste et constructeur rue de l'Eglise, 
  • LANGÜTT et Cie,  3 rue des Cras.

                                                                                                           LES PRINCIPAUX ACTEURS

Théodore Schneider

Théodore Schneider est né le 18 janvier 1864 à Lyon II°, d'un père, François  Leistenschneider, commis négociant rue Champier, et de Pierrette Hutet, sans profession. Théodore se fera toujours appeler Schneider. Ce patronyme ne deviendra officiellement le sien qu'en 1914, après un jugement du tribunal civil de Lyon.

Lyonnais, nous ignorons s'il a fait ses études à la Martinière. Plusieurs journalistes, lors d'interviews, lui donnent le titre d'ingénieur. L'annuaire de l'Automobile Club de 1902, indique que Théodore Schneider est ingénieur et demeure 26 cours Morand à Lyon. L'Intransigeant du 21 mars 1912 : "La maison Schneider, de Besançon, qui porte le nom de l’un des créateurs de l’industrie de l'automobile; celui de l'ingénieur .Schneider, vient de se tailler un super succès dans le Tour de France ... ". A l'occasion du Grand Prix de Belgique en juillet 1912, le journal l'Aéro, qualifie MM. Ravel et Schneider d'ingénieurs, " ... enfin, MM. Ravel et Schneider, ingénieurs, ... " Le 11 septembre 1912 le journal  l'Intransigeant publie l'article : " L'ingénieur Schneider présentait même au Mans quatre voitures ..." . Cependant il ne figure pas dans la liste des anciens élèves de l'ECL. Quelle école ?

Il a probablement démarré sa carrière professionnelle aux ateliers du PLM à Oullins où il y aurait appris la mécanique. 

Il fonde successivement Rochet-Schneider avec Edouard Rochet et Th. Schneider avec Louis Ravel. La période entre sa mise à l'écart de Rochet Schneider et la fondation de Th. Schneider reste floue, pendant plusieurs mois il a probablement dirigé seul une firme automobile.

Il se marie à Paris, en juillet 1916 avec Renée Jeanne Somanet. Il n'auront pas d'enfant. Il décède dans cette même ville le 8 février 1950. Ses obsèques ont lieu en l'église des Batignolles dans le XVII°. 
Théodore Schneider est un compétiteur, il pilote les voitures qu'il fabrique. 
On le retrouve engagé dans plusieurs épreuves au tout début du XX° siècle sur Rochet-Schneider. C'est sans doute en mariant compétition et fabrication que la politique de Recherche / Développement de la marque commence à se dessiner : les vehicules engagés en compétition l'année N, engendreront les voiture de "type sport" fabriquées l'année N+1.

Théodore Schneider recherchait les honneurs et les distinctions. Il fût l'un des créateurs du "mouvement automobile".

Théodore Schneider est sélectionné pour participer à l'exposition universelle de 1900 dans la catégorie "Carrosserie et Charronnage", au titre de la maison Rochet Schneider [J.O. du 18 octobre 1897].
Théodore Schneider est promu chevalier du Mérite agricole [J.O. du 6 août 1912].
Par décret en date du 24 mars 1914, Théodore Schneider est nommé Conseiller du commerce extérieur de la France.[J.O. du 26 mars 1914]

Louis Ravel

Louis Ravel est né en 1872 et décédé en 1930 à Trie-Château dans l'Oise. Il est inhumé au Père Lachaise.

Le mariage de Louis Ravel, ingénieur, président du Conseil d'administration de la Société des Automobiles Louis Ravel, à Neuilly, avec Mlle Juliette Samson, a leu en octobre 1901. [L'Auto-Vélo]. C'est le "motoriste" des années 1900. Il a fondé plusieurs société tant à Neuilly qu'à Besançon, dont la marque Zénith à Neuilly. Cette marque est sans rapport avec les carburateurs Zénith, 55 Chemin Feuillat à Lyon III°, dans des locaux mitoyens de ceux de Rochet-Schneider.

En 1910, il habite Avenue Fontaine Argent [l'annuaire des grands cercles]. Sa maison sera détruite pour construire l'Institution Saint- Joseph à la fin des années 30.

Les Thieulin

Les Thieulin sont deux : Louis et Emile. Ils ont démarré leur carrière dans l'automobile comme pilotes, puis furent brièvement constructeurs vers 1908.

Fernand Monjardet

Fernand Monjardet né le 7 mars 1865, carrossier 26 rue Bersot. Il sera administrateur de Th. Schneider.

Les principales "rencontres"

Les alliances à Besançon

En bref ..

  • Edouard Rochet et Théodore Schneider en 1899,
  • Emile Amstoutz et Armand Peugot en 1904, à confirmer,
  • Emile Amstoutz et Chapuis / Dornier en 1905,
  • Emile Amstoutz et Louis Ravel en 1906,
  • Théodore Schneider et Louis Renault en 1908,
  • Théodore Schneider et Fernand Monjardet, pendant la Grande Guerre, ont co-dirigé la firme Th. Schneider,
  • Fernand Monjardet a carrossé des véhicules Ravel après la Grande Guerre,
  • Emile et Louis Thieulin, ont livrés des pièces à Th. Schneider et Louis Ravel,
  • F. Monjardet et J. Thieulin au conseil d'administration des Monts Jura,
  • Les Frères Douge ont fourni des moteurs aux tracteurs Th. Schneider.
Chapuis et Dornier construisaient de moteurs pour voiturette 27, quai de Strasbourg à Besançon.
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